RE2025 : tout ce que vous devez savoir sur la réglementation environnementale
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Louis Moret
Mis à jour le 27/04/2026
Les bâtiments sont responsables de 45 % de l’énergie finale consommée en France et émettent 57,1 millions de tonnes de CO₂ chaque année, soit 15,5 % des émissions nationales (ADEME Batizoom, 2024). Voilà pourquoi l’État resserre les règles applicables aux constructions neuves. Depuis le 1er janvier 2025, un nouveau palier de la réglementation environnementale est entré en vigueur. C’est ce que tout le monde appelle la « RE2025 ».
Vous faites construire une maison, vous investissez dans un immeuble neuf ou vous planifiez l’ouverture d’un commerce ? Cette réglementation vous concerne directement. Voici ce qui change concrètement, ce que ça coûte et jusqu’où ça va.
À retenir :
- Les seuils carbone de construction ont baissé de 12 à 17 % selon le type de bâtiment depuis janvier 2025 (Ordre des Architectes, 2025).
- Le surcoût de construction est estimé entre 5 % et 10 %, soit 90 à 150 €/m² selon le rapport Rivaton remis au ministère du Logement (juillet 2025).
- Dix nouvelles catégories de bâtiments tertiaires (hôtels, restaurants, commerces…) entrent dans le périmètre réglementaire au 1er mai 2026.
- La trajectoire est connue et publiée jusqu’en 2031 : deux nouveaux paliers viendront encore renforcer les exigences.
Qu'est ce que la RE2025, exactement ?
La « RE2025 » n’est pas une réglementation nouvelle et indépendante. Il s’agit du premier palier de renforcement de la RE2020, la réglementation environnementale française qui a remplacé la RT2012 le 1er janvier 2022. Les bâtiments représentent 45 % de la consommation d’énergie française, et cette trajectoire progressive était prévue dès l’origine pour donner le temps aux constructeurs de s’adapter.
La RE2020 inclut une feuille de route pluriannuelle avec trois paliers : 2025, 2028 et 2031. À chaque étape, les seuils d’émissions carbone se resserrent. Les professionnels du bâtiment et les médias spécialisés ont rapidement adopté le terme « RE2025 » pour désigner ce premier renforcement, entré en vigueur le 1er janvier 2025. Les textes officiels parlent eux des « seuils 2025 de la RE2020 ».
Quels sont les nouveaux seuils carbone applicables depuis janvier 2025 ?
Depuis le 1er janvier 2025, les maisons individuelles doivent respecter un seuil IC Construction de 530 kg CO₂eq/m², contre 640 kg auparavant, soit une baisse de 17 % (Ordre des Architectes, 2025). L’IC Construction mesure le carbone incorporé dans les matériaux et le chantier. Plus ce chiffre est bas, plus le bâtiment est sobre en carbone dès sa construction.
530
Maisons individuelles
(vs 640 en 2022, -17 %)
650
Logements collectifs
(vs 740 en 2022, -12 %)
810
Bureaux
(vs 980 en 2022, -17 %)
770
Écoles
(vs 900 en 2022, -14 %)
Une nouveauté particulièrement significative concerne les logements collectifs non raccordés à un réseau de chaleur. Leur seuil IC Énergie, qui mesure le carbone lié à la consommation d’énergie sur 50 ans, passe de 560 à 260 kg CO₂eq/m²/an, soit une baisse de 53 % (FFBatiment, 2025). En pratique, cela rend quasi impossible le chauffage collectif au gaz dans les immeubles neufs.
Un changement technique important accompagne ces nouveaux seuils : la suppression de la modulation MIDED. Jusqu’en 2024, les projets qui utilisaient des données environnementales génériques plutôt que des données réelles de fabricants bénéficiaient d’un allègement de seuil. Ce bonus est désormais supprimé. Résultat : environ 50 kg CO₂eq/m² de marge en moins pour les maisons individuelles concernées.
Quel impact sur le coût de construction ?
Respecter les nouveaux seuils coûte plus cher, c’est une réalité. Le rapport Rivaton, remis au ministère du Logement en juillet 2025, chiffre le surcoût entre 5 % et 10 % du coût de construction total, soit 90 à 150 €/m² selon les typologies et les zones climatiques (Citepa, 2025). La fourchette est large parce que les solutions techniques varient beaucoup selon l’emplacement et la conception du projet.
Ce surcoût s’explique par deux postes principaux. D’abord, les matériaux à faible empreinte carbone (bois structurel, béton bas-carbone, isolants biosourcés) coûtent plus cher que leurs équivalents conventionnels. Ensuite, les systèmes de chauffage : la pompe à chaleur, désormais quasi incontournable dans les constructions neuves, représente un investissement initial supérieur à la chaudière à gaz, même si elle génère des économies sur la durée.
Ces surcoûts doivent être mis en regard des bénéfices : la RE2020, toutes étapes confondues, est créditée de 7,9 millions de tonnes de CO₂ économisées d’ici 2031 (dont 6,7 Mt pour le résidentiel et 1,2 Mt pour le tertiaire), selon le rapport Rivaton remis au ministère du Logement (juillet 2025). Un logement conforme à la RE2025 consomme aussi nettement moins d’énergie pour se chauffer et produire de l’eau chaude, ce qui allège la facture sur 20 à 30 ans.
Le rapport Rivaton, remis au ministère du Logement en juillet 2025, estime le surcoût de construction lié aux seuils RE2025 entre 5 % et 10 % du coût total, soit 90 à 150 €/m² selon les typologies. En contrepartie, la trajectoire RE2020 complète permettrait d’éviter 7,9 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2031, dont 6,7 Mt sur le seul secteur résidentiel (Citepa, 2025).
Quels bâtiments sont concernés par la RE2025 ?
Depuis janvier 2025, les nouvelles exigences s’appliquent à tous les permis de construire déposés pour des maisons individuelles, des logements collectifs, des bureaux et des écoles. Mais la réglementation s’élargit : à compter du 1er mai 2026, dix nouvelles catégories de bâtiments tertiaires entrent dans le périmètre de la RE2020, selon le décret n°2026-16 du 17 janvier 2026 (etude-bet.fr, 2026).
- Hôtels et hébergements touristiques
- Restaurants et débits de boissons
- Commerces et centres commerciaux
- EHPAD et résidences seniors
- Crèches et structures petite enfance
- Universités et enseignement supérieur
- Établissements sportifs couverts
- Lieux culturels (cinémas, musées, salles)
- Bâtiments industriels et artisanaux
- Aérogares et gares routières
Cette extension couvre environ 70 % du parc tertiaire futur français, selon les estimations d’etude-bet.fr (2026). La date clé à retenir : un permis de construire déposé avant le 1er mai 2026 échappe encore à ces nouvelles exigences tertiaires. Après cette date, tous les projets relevant de ces dix typologies devront respecter les seuils RE2020.
Quels bâtiments sont concernés par la RE2025 ?
Cet affichage pluriannuel est délibéré. Il offre aux industriels de la construction une visibilité suffisante pour investir dans des matériaux moins carbonés et adapter leur production. Les filières bois structurel, béton bas-carbone et isolants biosourcés disposent ainsi de plusieurs années pour développer leurs capacités et faire baisser leurs coûts.
À l’horizon 2030, l’objectif de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) pour le bâtiment est de ramener les émissions directes de 57,1 MtCO₂eq en 2024 à 37 MtCO₂eq (ADEME Batizoom, 2025). La consommation énergétique du parc devra passer de 698 TWh à 647 TWh sur la même période. La RE2020 et ses paliers successifs sont l’un des principaux leviers pour atteindre ces cibles.
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Questions fréquentes sur la RE2025
LA RE2025 s'applique-t-elle aux rénovations ?
Non. La RE2025, comme la RE2020 dans son ensemble, concerne uniquement les constructions neuves pour lesquelles un permis de construire est déposé après les dates d’entrée en vigueur. Les rénovations relèvent d’autres dispositifs, notamment la réglementation thermique des bâtiments existants et les obligations issues du diagnostic de performance énergétique (DPE). Ces règles sont distinctes et ont leur propre calendrier.
Qui vérfie la conformité à la RE2025 ?
La conformité est vérifiée à deux étapes clés. Lors du dépôt du permis de construire, une attestation de prise en compte de la réglementation doit être jointe au dossier. À la fin des travaux, une attestation de conformité délivrée par un organisme de contrôle agréé ou un diagnostiqueur certifié est obligatoire. En 2024, environ 95 % des constructions neuves respectaient déjà les seuils RE2020 initiaux, selon le suivi du ministère de la Transition écologique.
La RE2025 impose-t-elle d'utiliser du bois ?
Non. La RE2025 fixe des seuils d’émissions carbone, mais ne prescrit aucun matériau en particulier. Le bois structurel est une solution efficace pour atteindre les objectifs, mais ce n’est pas la seule. Le béton bas-carbone, les matériaux recyclés, la conception bioclimatique ou l’optimisation de l’enveloppe permettent également de respecter les seuils. La liberté de choix constructif est pleinement préservée.
Mon permis déposé avant janvier 2025 est-il affecté ?
Non. Ce sont bien les seuils en vigueur à la date de dépôt du permis qui s’appliquent. Un permis déposé avant le 1er janvier 2025 reste soumis aux anciens seuils RE2020 de 2022. En cas de doute, la date de votre récépissé de dépôt fait foi. Seule exception : si vous modifiez significativement votre permis après cette date, la question de la réglementation applicable mérite d’être vérifiée avec votre maître d’oeuvre.
Qu'est-ce que l'indicateur IC Construction dont on parle partout ?
L’IC Construction (Indicateur Carbone Construction) mesure les émissions de gaz à effet de serre générées par la fabrication des matériaux, leur transport, la mise en oeuvre sur le chantier et la fin de vie du bâtiment. Il est exprimé en kg de CO₂ équivalent par m² de surface de plancher (kg CO₂eq/m²). C’est sur cet indicateur que la RE2025 resserre les exigences de 12 à 17 % selon les typologies, par rapport aux seuils initiaux de 2022.
En résumé
La RE2025 marque une étape concrète dans la décarbonation du secteur de la construction en France. Elle resserre les seuils carbone de 12 à 17 %, divise par deux les exigences IC Énergie pour les logements collectifs non raccordés au gaz, et étend prochainement le périmètre à dix nouvelles catégories de bâtiments tertiaires. Pour les particuliers qui font construire, cela se traduit par un surcoût modéré mais prévisible, largement compensé par des économies d’énergie sur le long terme.
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